L’interdiction définitive de l’utilisation du glyphosate (herbicide systémique total) est un sujet qui fait débat au niveau national. Ce produit a été déclaré comme « probablement cancérogène » par l’OMS et il est normal de vouloir l’interdire mais il a aussi été l’occasion pour de nombreux polémistes professionnels d’opposer le monde agricole au reste de la population, renforçant le malaise, la douleur de cette profession.  

A Fontenay-sous-Bois, le maire décide de prendre un arrêté anti-glyphosate. La mairie communique bruyamment dessus, puis sur son interdiction par le tribunal, puis sur sa décision de faire appel.  

Rédaction et publication des arrêtés, avocats, frais de justice, présence ostentatoire d’élus hilares et bardés de leur écharpe tricolore au tribunal, visiblement la mobilisation des finances et des moyens publics n’a pas de limite.

Dans la vraie vie, la loi interdit aux collectivités territoriales l’usage du glyphosate sur tous les espaces relevant de leur autorité, depuis le 1er janvier 2017.

Depuis le 1er janvier 2019, l’usage de ce produit est interdit aux personnes privées et donc aux copropriétaires, mais les prestataires peuvent encore écouler les stocks en leur possession. Il est encore autorisé pour les agriculteurs et les entreprises.

 Dans la vraie vie, nous n’avons aucune donnée sur la consommation réelle de ces produits à Fontenay : la SNCF, la RATP utilisent-t-elles ces produits sur la part des voies qui traversent Fontenay ? Y a-t-il des copropriétés dont les prestaires détiendraient encore du stock ? Les citoyens que nous sommes n’ont aucune information chiffrée, concrète, qui permette de savoir quel est la nature du risque. Cet arrêté répond-il à une menace réelle ou à une simple volonté de « laver plus vert » au mépris de l’argent public, celui de nos impôts locaux ?

 En revanche, il y a une menace environnementale réelle, sur laquelle nous avons accès aux données, c’est celle de la pollution atmosphérique.

L’institut National de Santé Publique (INSP) chiffre même les conséquences en termes de mortalité : 48 000 personnes en France et 6 500 à l’échelle de la métropole du Grand Paris décéderaient prématurément chaque année des conséquences cette pollution. Ramené à la population de Fontenay, cela concernerait une cinquantaine de personnes !

Pour répondre à ce risque, la Métropole du Grand Paris propose de mettre en place une zone règlementaire qui se compose de toutes les communes situées à l’intérieur de l’A86, la Zone de Faible Emission de polluants (ou ZFE). Cette zone limite les accès aux véhicules les plus polluants (vignettes Crit’Air 5 et non classés)

Chaque commune doit prendre un arrêté permettant d’appliquer cette réglementation.

Si nos voisins de Vincennes, Montreuil et Rosny-sous-Bois ont immédiatement adhéré dès le 26 juin 2019, ce n’est pas le cas de Fontenay-sous-Bois.

Quelle raison la municipalité peut-elle invoquer pour un tel « retard à l’allumage » ? Craindrait-elle un effet électoral négatif auprès de ses électeurs en vue des prochaines échéances municipales ? Pourtant, à l’échelle de la ville, ce problème ne concerne que 331 des plus de 18 000 véhicules de Fontenay-sous-Bois. Mais surtout, elle laisse l’entrée libre à tous les autres véhicules en transit qui se déversent par l’A 86. Curieuse façon de défendre la santé des personnes les plus fragiles et souvent économiquement les plus vulnérables !

Sur la ZFE, aucune concertation, aucune consultation.

Ce n’est pas de cette façon que nous voulons faire de la politique.

Travailler pour collecter des informations, les partager honnêtement avec nos concitoyens, les consulter sur ces décisions qui relèvent de leur santé et de celle de leurs enfants, c’est comme ça que nous envisageons notre action.

Vivement #EnsembleAutrement !

Retrouvez prochainement le compte-rendu de notre atelier citoyen  du 21 novembre sur la transition écologique